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Renforcer le partenariat pour un gouvernement ouvert au Bénin : le rôle des jeunes

La réussite des engagements du Bénin dans le Partenariat pour un gouvernement ouvert ne peut dépendre uniquement de ses institutions publiques. Elle doit reposer également sur la capacité des citoyens, et particulièrement des jeunes à participer à la vie publique et à demander des comptes. Dans un pays comme le Bénin, où la jeunesse représente une part importante, son implication peut devenir un véritable levier pour améliorer la transparence publique.

Le Partenariat pour un gouvernement ouvert repose sur une idée essentielle. Il s’agit d’un État plus ouvert est un État qui informe davantage, écoute davantage et associe davantage les citoyens aux décisions publiques. Les engagements pris dans ce cadre ne doivent donc pas rester confinés aux administrations, aux organisations de la société civile ou aux rapports institutionnels. Ils doivent être compris, appropriés et suivis par les citoyens. A cet effet, les jeunes ont un rôle stratégique à jouer.

Trop souvent, les jeunes sont considérés comme de simples bénéficiaires des politiques publiques. Pourtant, ils peuvent également devenir des acteurs de leur conception, de leur suivi et de leur évaluation. La première contribution consiste à s’informer sur les engagements pris par le Bénin. Il est difficile de demander des comptes sur une politique publique que l’on ne connaît pas. Les jeunes, notamment les étudiants, les entrepreneurs, les blogueurs, les journalistes et les membres d’organisations de la société civile, peuvent contribuer à vulgariser ces engagements dans un langage accessible.

Des contenus pédagogiques, des émissions de radio, des articles, des vidéos courtes ou encore des discussions sur les réseaux sociaux peuvent permettre de rapprocher les questions de gouvernance ouverte du quotidien des citoyens. La transparence budgétaire, l’accès à l’information, la lutte contre la corruption, la qualité des services publics peuvent ainsi sortir du cadre institutionnel pour devenir des sujets de débat public.

La jeunesse béninoise évolue dans un environnement de plus en plus numérique. Cette réalité offre de nouvelles possibilités pour contribuer à la mise en œuvre des engagements liés au gouvernement ouvert.

Les jeunes peuvent exploiter les outils numériques pour collecter des informations, analyser des données publiques Ils peuvent également suivre l’exécution de certains projets ou signaler les difficultés rencontrées par les citoyens. Les développeurs web et entrepreneurs du numérique peuvent également concevoir des solutions permettant de rendre les informations publiques plus accessibles.

Une plateforme citoyenne pourrait, par exemple, permettre de suivre l’état d’avancement de certains engagements publics. L’enjeu n’est donc pas seulement de critiquer l’action publique, mais aussi de produire des solutions.

La participation des jeunes doit également se traduire par leur présence dans les espaces de concertation. Les consultations publiques, les forums citoyens, les ateliers de co-construction et les mécanismes de suivi constituent autant d’occasions pour faire entendre la voix de la jeunesse.

Les organisations de jeunes ont notamment un rôle important à jouer. Elles peuvent recueillir les préoccupations de leurs membres, formuler des recommandations et participer au suivi de leur prise en compte. Cette implication suppose toutefois que la participation ne soit pas symbolique. Les jeunes doivent pouvoir accéder à l’information, disposer d’espaces d’expression et recevoir un retour sur les propositions formulées. Une consultation citoyenne n’a de véritable sens que si les citoyens peuvent comprendre comment leurs contributions ont été prises en compte.

L’un des principaux défis reste la formation. Pour participer efficacement au gouvernement ouvert, les jeunes doivent disposer de compétences en citoyenneté, en accès à l’information, en analyse des politiques publiques et en utilisation des outils numériques.

Les universités, les organisations de la société civile, les médias et les institutions publiques peuvent développer des programmes de formation consacrés à ces questions. Des clubs de gouvernance ouverte pourraient également être créés dans les établissements d’enseignement supérieur. Cela permettra de sensibiliser les étudiants aux enjeux de transparence et de participation citoyenne.

Pour renforcer la mise en œuvre des engagements du Bénin dans le Partenariat pour un gouvernement ouvert, la jeunesse doit être considérée comme un partenaire permanent. Et non, comme un simple public à mobiliser ponctuellement. Par ailleurs, les jeunes ne doivent donc pas seulement demander plus de transparence. Ils peuvent contribuer eux-mêmes à la construire. En s’informant, en participant, en surveillant l’action publique, en proposant des solutions, ils peuvent contribuer à faire du gouvernement ouvert une réalité concrète. Il est donc urgent de passer d’une jeunesse consultée à une jeunesse réellement associée, écoutée et engagée dans la construction d’une gouvernance plus transparente.

Par Médard Clobechi

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