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Renforcer le partenariat de la Gouvernance Ouverte dans les États de l’Afrique de l’Ouest

L’Afrique de l’ouest est marquée par de profondes transformations politiques, économiques et sociales. A cet effet, la question de la gouvernance occupe une place centrale dans le débat public. Face aux attentes croissantes des citoyens en matière de transparence, de redevabilité et de participation aux décisions publiques, les États sont appelés à repenser leurs modes de gouvernance. D’où la question de Gouvernance ouverte et participative.

La gouvernance ouverte est une approche susceptible de rapprocher les institutions des citoyens. Elle repose notamment sur trois principes. Il s’agit de la transparence de l’action publique, la participation citoyenne et la collaboration entre les pouvoirs publics, la société civile, le secteur privé et les autres acteurs. Mais comment passer des principes à une véritable dynamique de partenariat dans les États d’Afrique de l’Ouest ?

L’ouverture de la gouvernance commence par l’accès à l’information. Pour participer de manière éclairée à la vie publique, les citoyens doivent pouvoir comprendre les décisions prises par les autorités. Ils doivent également connaître comment les fonds publics se gèrent et accéder aux données d’intérêt général. On comprend, qu’il faut donc, la publication régulière des budgets, des dépenses publiques, des marchés publics etc. Cela constitue un levier important pour que le modèle de gouvernance ouverte et participative marche.

Cependant, la transparence ne peut se limiter à la mise en ligne de documents administratifs. Si les informations sont accessibles, elles doivent être compréhensibles et utilisables par les citoyens. Ici, la vulgarisation des données publiques, le développement de plateformes numériques peuvent contribuer à réduire la distance entre l’administration et la population.

Une gouvernance véritablement collaborative suppose une vraie consultation à la base. Il est important que les citoyens ne soient pas uniquement considérés comme des bénéficiaires des politiques publiques, mais comme des acteurs du processus de décision. Dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, les organisations de la société civile, les médias, les universitaires, les associations de jeunes et de femmes participent déjà au débat public. Mais, cela reste insuffisant. Il faut renforcer les espaces permettant à ces acteurs de contribuer de manière structurée à la conception, au suivi et à l’évaluation des politiques publiques.

Les consultations publiques, les dialogues communautaires, les budgets participatifs, les et les mécanismes de suivi citoyen peuvent constituer des instruments concrets. Par exemple, au Bénin, le Code de l’administration territoriale impose aux mairies des séances de reddition de comptes. L’objectif n’est pas de remplacer les institutions représentatives, mais de créer davantage de passerelles entre les citoyens et les décideurs publics.

La transformation numérique offre de nouvelles possibilités pour rapprocher les citoyens des institutions. Les plateformes de consultation en ligne, les portails de données ouvertes, les applications de signalement et les outils de suivi des projets publics peuvent faciliter l’interaction entre administrations et citoyens.

Les plateformes de e-gouvernement constituent aujourd’hui l’un des outils numériques les plus utilisés par les citoyens. Au Bénin, au Rwanda avec IremboGov, ou encore en Côte d’Ivoire, ces solutions centralisent les services publics. « Grâce aux e-services, l’accessibilité est améliorée, la corruption recule et le citoyen peut effectuer ses démarches sans se déplacer », affirme Harold Adjaho consultant IT et spécialiste en civictech. Par ailleurs, la dématérialisation des services publics permet une transparence nette. Elle assure la traçabilité des paiements, la preuve des démarches effectuées, une meilleure interopérabilité des données entre administrations. « Vous payez en ligne, vous avez une preuve. Tout est traçable, côté citoyen comme côté administration », ajoute-t-il. Mais cette évolution doit tenir compte de la fracture numérique. L’accès aux technologies et à Internet reste inégal selon les territoires et les catégories sociales. La gouvernance numérique doit donc être accompagnée de mécanismes de participation hors ligne afin de ne pas créer une nouvelle forme d’exclusion.

La réussite d’une Gouvernance Ouverte va dépendre de la volonté de tous les acteurs de nos sociétés. Instaurer une gouvernance ouverte et collaborative n’est pas une réforme ponctuelle. C’est un processus continu qui exige des institutions plus transparentes, des citoyens mieux informés et des espaces de dialogue suffisamment solides pour transformer la participation en véritable partenariat. Pour les États ouest-africains, le défi est désormais de faire de cette ambition une pratique durable de l’action publique.

Par Médard Clobechi

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