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Comment renforcer la coopération entre jeunes en Afrique ?

L’intégration du continent africain ne se fera pas uniquement par les déclarations ministérielles ou les Accords commerciaux bilatéraux. La jeunesse représente la force vive, la majorité démographique et le principal moteur de changement des sociétés africaines. Pourtant, les barrières linguistiques, les lourdeurs administratives et le manque de cadres d’échange freinent encore la concrétisation de projets communs. Renforcer la coopération entre jeunes à l’échelle du continent constitue un enjeu stratégique majeur. Cela passe par l’appropriation des textes juridiques régionaux, la création de réseaux civiques transfrontaliers et l’usage intelligent des outils numériques pour abolir les distances.

L’appui sur le cadre juridique continental et les mécanismes de mobilité.

Une coopération panafricaine solide s’enracine dans des textes de droit existants. Les engagements pris par les États au niveau de l’Union Africaine offre des garanties qu’il convient d’exploiter pleinement.

L’Article 11 de la Charte africaine de la jeunesse fait obligation aux États parties de faciliter la participation des jeunes à la vie publique et d’encourager leurs initiatives de coopération internationale. Au Bénin comme ailleurs, cette disposition conventionnelle permet de réclamer la création de fonds d’appui aux échanges culturels et scientifiques interafricain. Quand les associations de jeunes invoquent ces engagements juridiques, la demande de visas ou de subventions pour des projets sous régionaux gagne en légitimité. Le droit devient ainsi un véritable levier pour faire sauter les verrous administratifs.

L’accord créant la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) ne vise pas seulement le commerce des marchandises, il encourage la mobilité des personnes et des services. La jurisprudence de la Cour de Justice de la CEDEAO rappelle régulièrement l’interdiction des tracasseries aux frontières et le droit au libre établissement. En s’appuyant sur ces décisions, les jeunes entrepreneurs et acteurs de la société civile peuvent voyager, collaborer et développer des activités conjointes sans craindre l’arbitraire au poste-frontière. La fluidité des déplacements demeure la condition première de toute collaboration durable.

La structuration de réseaux civiques et l’usage des technologies.

Les démarches individuelles montrent vite leurs limites face aux défis globaux. Pour peser ensemble, la jeunesse africaine doit structurer ses actions collectives en s’appuyant sur les nouveaux canaux de communication.

Les Organisations de la société civile gagnent à sortir de l’isolement national pour construire des coalitions régionales. Des projets communs sur des thématiques partagées (environnement, droits humains, gouvernance locale) permettent de mutualiser les ressources et d’harmoniser les méthodes d’action. Ces alliances transfrontalières renforcent la portée des voix citoyennes auprès des instances sous-régionales comme la CEDEAO. La force du nombre et la diversité des expertises territoriales rendent ces réseaux incontournables dans les débats publics.

Les réseaux sociaux et les applications collaboratives offrent la possibilité de travailler en temps réel d’un bout à l’autre du continent. Des forums virtuels, des webinaires de formations et des campagnes de plaidoyer coordonnées sur internet permettent de surmonter les contraintes financières liées aux déplacements physiques. Les jeunes développeurs, militants et créateurs de contenu partagent leurs solutions, adaptent des projets réussis dans un pays pour les dupliquer dans un autre et maintiennent une dynamique de solidarité permanente.

La coopération entre jeunes africains n’est pas une simple formule d’intention, c’est une nécessité historique et politique. En exploitant les textes légaux sur la libre circulation, en s’organisant en réseaux professionnels solides et en exploitant la puissance du numérique, la jeunesse peut bâtir une véritable citoyenneté continentale. C’est à ce prix que l’intégration africaine quittera les discours officiels pour devenir une réalité concrète, portée par ceux qui façonnent l’Afrique aujourd’hui et demain.

Par Miléna Kami AGBETOU

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