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Quels outils pour mesurer la transparence gouvernementale ?

La transparence gouvernementale ne se résume pas à la publication d’informations par les institutions. Elle se mesure aussi à leur accessibilité, leur qualité et à la capacité des citoyens à les utiliser pour comprendre et suivre l’action publique. Dans une démocratie, les citoyens doivent pouvoir savoir comment les ressources publiques sont utilisées, quelles décisions sont prises et quels résultats sont obtenus. Mais comment vérifier concrètement le niveau de transparence d’un gouvernement ?
La première étape consiste à vérifier si les informations publiques sont effectivement disponibles. Budgets, rapports d’exécution, données publiques, marchés publics ou rapports d’audit constituent des sources importantes pour suivre l’action des institutions. Cependant, publier une information ne suffit pas. Pour être utile, celle-ci doit être accessible, compréhensible, suffisamment précise et régulièrement mise à jour. La transparence dépend donc autant de la disponibilité de l’information que de sa qualité et de son accessibilité.
Le budget constitue l’un des principaux outils permettant d’observer les priorités d’un gouvernement et l’utilisation des ressources publiques. L’Enquête sur le budget ouvert 2023 de l’International Budget Partnership attribue au Bénin un score de 79 sur 100 en matière de transparence budgétaire, contre une moyenne mondiale de 45. Le pays obtient toutefois 31 sur 100 pour la participation du public et 61 sur 100 pour le contrôle budgétaire. Ces données montrent qu’il faut distinguer plusieurs dimensions : publier des informations budgétaires, permettre aux citoyens de participer au processus et assurer un contrôle effectif de la gestion publique.
Les données ouvertes constituent un autre outil de suivi. Elles permettent aux citoyens, journalistes et organisations de la société civile d’exploiter des informations produites par les administrations. Mais leur intérêt dépend de leur qualité. Une donnée ancienne, incomplète ou difficilement exploitable limite sa valeur pour le suivi citoyen. Les rapports d’audit permettent, quant à eux, de regarder la manière dont les ressources publiques ont été gérées et de relever d’éventuelles insuffisances. Ces différentes sources peuvent être croisées afin de comparer les prévisions, les dépenses réalisées et les résultats annoncés.
Comment un citoyen peut-il vérifier ?
Sans disposer d’outils techniques complexes, un citoyen peut commencer par poser cinq questions : L’information existe-t-elle ? Est-elle accessible ? Est-elle précise ? Est-elle à jour ? Peut-elle être vérifiée ou comparée avec une autre source ? Cette démarche permet de passer d’une simple consultation de l’information à un véritable suivi de l’action publique. Le suivi des engagements gouvernementaux constitue également un moyen utile. Il permet de comparer ce qui a été annoncé avec ce qui a effectivement été réalisé et d’identifier les éventuels écarts. La transparence n’a de véritable portée démocratique que si l’information peut être utilisée par les citoyens pour comprendre, questionner et participer. Pour les jeunes, les journalistes et les organisations de la société civile, maîtriser ces outils permet de mieux documenter les politiques publiques et de contribuer à des débats fondés sur des informations vérifiables. Cette démarche rejoint le travail d’AfricTivistes CitizenLab Bénin (ACLB**)** en faveur d’une participation citoyenne mieux informée et d’un usage responsable du numérique.
Mesurer la transparence gouvernementale ne consiste donc pas uniquement à vérifier si des documents sont publiés. Il faut aussi examiner leur accessibilité, leur qualité, leur actualité et leur utilité.
Budgets, données ouvertes, rapports d’audit et suivi des engagements constituent autant de ressources permettant aux citoyens de mieux comprendre et suivre l’action publique.
Par Kevin da SILVA
