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Les violences basées sur le genre facilitées par la technologie

Les violences basées sur le genre (VBG) sont les violations les plus répondues. Il s’agit d’une grave violation des droits de l’Homme qui remet en cause plusieurs principes des droits fondamentaux des femmes. Elle constitue aussi une menace pour la paix durable et la dignité humaine. Au fil des années, sa manifestation a évolué grâce à la technologie. On parle désormais de VBG-T. Dans ce cas, les signaux sont plus subtils et difficiles à détecter. Comment se manifestent les VBG-T et comment y faire face ? Focus sur les manifestations des VBG-T, voici quelques idées pour y faire face.

Les manifestations de VBG — T

Selon le Haut-Commissariat des droits de l’homme, « la violence basée sur le genre (VBG) est une violence dirigée contre une personne ou qui l’affecte de manière disproportionnée en raison de son genre ou de son sexe, ou de la perception qu’elle transgresse des normes de genre dans sa communauté ou société. Cette violence revêt de multiples formes, notamment des actes ou omissions destinés ou susceptibles de causer ou d’entraîner la mort ou des souffrances physiques, sexuelles, psychologiques ou économiques ; des menaces de tels actes ; du harcèlement ; de la coercition et de la privation arbitraire de liberté ». Pour que l’on puisse qualifier une violation de VBG — T, il faut que l’infraction soit commise par le biais d’un outil technologique. Ainsi, on peut y classer les infractions comme le harcèlement par voie électronique, la sextorsion, les menaces par voie électronique, etc. Pour les détecter, il faut faire attention aux éléments ci-dessous :

  1. La présence d’une tendance de contrôle répété et excessif

Cette personne met en place tous les stratagèmes pour surveiller les déplacements en utilisant par exemple un GPS. Il peut aussi envoyer des messages répétés et insistants tendant à troubler la tranquillité et la quiétude de la potentielle victime.

Les Violences émotionnelles et verbales

Pour repérer ces signaux, il faut faire attention au sens des mots que le potentiel auteur d’un VBG-T utilise. Très souvent, ce sont des mots inhumains et dégradants tendant à faire baisser l’estime de soi d’une femme. Son objectif serait par exemple de rendre la victime dépendante émotionnellement voire économiquement.

  1. Les pressions et abus sexuels

Ici, les menaces de publication des images ou photos compromettantes sur les réseaux sociaux dans l’option d’avoir des faveurs sexuelles sont fréquentes. Le chantage ou la sextorsion pour contraindre la femme à des actes sexuels contre sa volonté sont les signaux auxquels vous devez faire attention.

Les mesures de riposte à prendre en compte pour faire face aux VBG-T

Ces mesures peuvent décliner sous deux points. D’une part, les mesures systémiques et celles extra-systémiques, d’autre part.

Les mesures systémiques

Il faut dénoncer dès les premiers signaux. Il s’agira de se référer le plus tôt possible à l’un des mécanismes institutionnels mis en place par l’État pour la protection et la répression de violation des droits de l’homme. Au Bénin, le premier mécanisme spécifique à la protection des droits des femmes est l’Institut National de la Femme. L’institut National de la Femme est un organisme public doté de la personnalité juridique, de l’autonomie financière et de prérogatives importantes pour mener des actions plus déterminantes en faveur de la femme. Il a pour mission d’œuvrer à la promotion de la femme aux plans politique, économique, social, juridique et culturel. L’institut peut assister dans les procédures juridiques et contribuer à l’autonomisation financière de la femme selon le cas. À ce mécanisme s’ajoutent les guichets uniques de protection sociale (GUPS) qui peuvent aussi offrir un appui à la riposte.

Les mesures extra-systémiques

Les mesures extra-systémiques renvoient aux dispositions personnelles que vous devez prendre pour prévenir et prévoir les situations délicates. Commencez par fixer vos limites personnelles et ne tolérez pas les comportements abusifs. Aussi, l’idéal serait que vous puissiez être claire sur vos intentions et de les faire parvenir à votre interlocuteur afin d’éviter toute ambiguïté. Exprimez vos préoccupations à un ami de confiance, un membre de la famille ou un professionnel de la santé pour obtenir du soutien et des conseils. Mieux, plusieurs organisations de la société civile militent et disposent non seulement des numéros verts, mais aussi des relais communautaires pouvant mieux vous orienter et vous assister.

L’identification des signes avant-coureurs des VBG-T est primordiale pour prévenir et favoriser la répression des violences, quelles qu’elles soient. Réagir promptement permet de limiter les dégâts et surtout de vite situer les responsabilités. La lutte contre les VBG-T n’est pas uniquement une lutte des femmes, mais une lutte de tous.

Par Kami Miléna AGBETOU

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