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Quels défis pour les pays africains face à la désinformation numérique ?

Le développement du numérique en Afrique a ses avantages et ses revers. La dématérialisation du service public, le rapprochement du service public des citoyens sont, entre autres, les bienfaits du numérique aux États africains. Dans le même temps, le flux d’informations a augmenté considérablement à telle enseigne qu’il est très difficile de différencier le bon grain de l’ivraie ; La bonne information de la mauvaise. Ceci a favorisé la recrudescence du phénomène de la désinformation qui est l’un des défis majeurs auquel sont confrontés les pays africains. Au fond, quels défis pour les pays africains face à la désinformation numérique ?

La propagation exponentielle des fausses informations

Deux facteurs sous-tendent cette propagation exponentielle. Premièrement, la démocratisation des smartphones connectés à internet. En soi, cela ne constitue pas un problème puisque les citoyens ont davantage de facilité à communiquer, à saisir les opportunités, à avoir l’information. En réalité, autant il y a de smartphones connectés à internet, autant l’information circule plus vite.

Deuxièmement, la difficulté du citoyen a à vérifier l’authenticité des informations. À plus forte raison, l’intelligence artificielle permet de créer des contenus trompeurs, des montages vidéo, de faux témoignages et des publications manipulées. Enfin, les applications de messagerie privées sont les vecteurs principaux de propagation rapides de ces « Fakes news ».

Dans plusieurs pays africains, les fausses informations concernent aussi bien la santé, les élections, la sécurité que les questions sociales et religieuses. La propagation de ce type d’informations provoque souvent de la peur, de la méfiance envers les institutions et, dans certains cas, des tensions entre communautés.

La difficulté de contrôler les effets de la désinformation sur les sociétés africaines

La désinformation touche tous les aspects de la vie publique. Elle alimente les tensions sociales, influence les processus électoraux, compromet les compagnes de santé publique. À cet effet, les États africains éprouvent de grandes difficultés à contrôler les effets de désinformation. Lors de la pandémie du Covid-19, plusieurs pays ont été confrontés à la diffusion de faux traitements et rumeurs sur les vaccins. Ceci a entrainé un ralentissement de la compagne de vaccination. L’indisponibilité de moyens techniques et de communication efficace, la détection de fausses informations et les mesures de ripostes font souvent défaut.

Progressivement, ces problèmes systémiques et structurels sont en train d’être pris en compte dans les politiques publiques. Un renforcement de capacité des services chargés de la cybersécurité et de la communication publique sont aujourd’hui fréquents. Par ailleurs, certains gouvernements adoptent aussi des lois souvent « ’ restrictives »’ pour limiter les effets de la désinformation. Une réponse durable passe obligatoirement par la résolution de la fracture numérique et l’extension de l’éducation au numérique à tous les citoyens.

La nécessité d’une mise en place de solutions préventives plus holistique

En termes de solutions préventives pour faire face à la désinformation, plusieurs actions complémentaires sont indispensables. L’éducation aux médias et à l’information doit permettre aux citoyens de développer leur esprit critique et de cultiver le réflexe de vérification des sources. Par ailleurs, les Citizen Lab ont un rôle majeur à jouer non seulement en produisant suffisamment de contenus, mais également en organisant des sessions de renforcement de capacité à l’endroit des communautés.

Il faut aussi une synergie d’action entre journalistes, les institutions publiques et les plateformes numériques pour mettre en place un dispositif de détection. Ce dispositif permettra de détecter plus rapidement les contenus trompeurs et les censurer, tout en veillant au respect des droits fondamentaux.

En conclusion, il faut impulser une culture de l’usage responsable du numérique. Car, la lutte contre la désinformation est de la responsabilité de toutes et de tous. Chaque citoyen doit contribuer à limiter la diffusion de fausses informations en vérifiant les sources, en confrontant plusieurs sources avant de partager ou de publier une information. Pour les autres parties prenantes, davantage d’initiatives doivent être mises en œuvre pour garantir l’effectivité de l’éducation numérique.

Par Kami Miléna AGBETOU

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