Construire les nouvelles cités africaines : la force de cocréation chez les jeunes

La construction de nouvelles cités africaines fondée sur des principes et valeurs propres aux réalités africaines devient une évidence. Dans les villes d’Afrique, l’habitat, les transports, les services, les espaces urbains, les activités productives sont le résultat d’initiatives, d’investissements et d’actions menées par une pluralité d’acteurs•rices de caractère institutionnel, formel et informel, public et privé. Les jeunes représentent dans cette panoplie d’acteurs, une force majeure capable de propulser le changement par le biais de leur action en communauté. Il faut toutefois préciser que ces actions n’ont véritablement d’impact que si la mise en œuvre résulte d’une synergie d’action ou la mutualisation des idées ou projets. Quels sont les leviers pour une meilleure cocréations de projets citoyens ? Le présent billet propose un tour d’horizon sur les leviers essentiels à prendre en compte pour une meilleure cocréation des projets citoyens.
Levier n°1 : La synergie d’action
La jeunesse est emplie de talents, d’idées ingénieuses dont la réalisation peut contribuer au bien-être communautaire. Parfois, les guerres de leadership et la recherche de l’intérêt personnel peuvent altérer le sens de mutualisation des efforts, des idées et des projets citoyens. Or, la force du nombre est un élément important pour optimiser l’efficacité et l’efficience des projets citoyens.
La synergie d’action se définit comme la capacité à collaborer efficacement, permettant à chaque membre de l’équipe de contribuer à un objectif commun, l’intérêt général. Pour parvenir à cette synergie, il faut procéder au renforcement et à l’adhésion de tous à une dynamique collective. L’interaction entre les membres doit être fluide, transparente et inclusive. Il faut aussi encourager une participation active et promouvoir la variété de compétences. Dans une dynamique d’opérationnalisation de ce levier, il faut
- établir un projet clair avec des objectifs bien définis ;
- Promouvoir la diversité des points de vue au sein des discussions ;
- Utiliser des outils de collaboration adaptés aux besoins de l’équipe ;
- Reconnaître et récompenser les efforts de collaboration.
Une équipe bien construite a les capacités pour pouvoir identifier les besoins dont la résolution va contribuer à un développement durable en Afrique.
Levier n°2 : Conception des projets de développement durable
Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. La mise en œuvre de ce type de projet se décline sur des domaines divers. Il s’intéresse aux enjeux de développement tels que le climat, la biodiversité, l’énergie, l’eau, la pauvreté, l’égalité des genres, la prospérité économique ou encore la paix, l’agriculture, l’éducation, etc.
L’objectif ici serait de faire une étude de terrain afin d’avoir des inputs liés aux besoins fondamentaux des citoyens auprès de ceux-ci. Ensuite, faire le tri et se positionner sur les besoins les plus urgents. À titre illustratif, plusieurs villes africaines font actuellement face à un défi majeur : la densité de la population. Ce phénomène engendre des problèmes dans les pays africains sur les différents aspects économiques, environnementaux et sécuritaires. Face à ce défi de densité urbaine croissante, le gouvernement égyptien a décidé de développer une nouvelle ville à l’ouest du Caire par le biais du projet Jirian : une “révolution urbaine” au cœur du désert égyptien. L’objectif est de désengorger la capitale, mieux répartir la population et planifier un développement urbain plus résilient face aux défis environnementaux, économiques et sociaux.
Pour l’essentiel, le renforcement des capacités par la formation des acteurs locaux représente un levier fondamental à la promotion de la bonne gouvernance orientée vers l’intérêt général. Il faut également, qu’à l’étape de conception des projets, intégrer la nécessité d’impliquer les populations dans la prise de décision pour garantir l’acceptabilité et l’efficacité des projets. À la mesure du possible, convier toutes les parties prenantes à la conception et à la planification du projet.
Levier n°3 : La mobilisation de ressources pour la mise en œuvre des projets de développement durable
La mobilisation de ressources est l’un des défis majeurs auxquels sont confrontés les jeunes en Afrique. Pourtant, pour la construction de nouvelles cités africaines nécessite un financement colossal. En effet, construire des cités nouvelles fait référence à la construction de méga-infrastructures qui sont promues comme une solution prometteuse aux défis de la croissance urbaine rapide. Trois niveaux de mobilisation doivent être privilégiés.
Les États doivent accroître l’investissement public et attirer l’investissement privé avec les possibilités de financement mixte des projets d’infrastructure à grande échelle. Cette option permet aux parties prenantes de partager les risques, d’attirer des capitaux privés et de bénéficiers d’expertises. Très souvent, les nouvelles cités intelligentes, les zones économiques spéciales sont financées par ce modèle. Le Bénin abrite d’ailleurs un exemple type. Il s’agit de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ). Cette zone industrielle permet au Bénin de procéder à la transformation locale des matières premières et l’exportation.
L’aide publique au développement représente aussi une option de mobilisation de fonds. Les institutions financières internationales grâce à leurs aides aux États peuvent faciliter la construction de ces nouvelles cités. La jeunesse, bien que n’étant pas un acteur étatique, ne doit pas être considérée dans cette chaine comme exclusivement bénéficiaire. Par le biais des projets innovants comme des start-ups technologiques banquables, elle peut obtenir aussi des financements alternatifs.
En définitive, la construction de nouvelles citées africaines nécessite la priorisation d’une approche multiacteurs avec la jeunesse en toile de fond. Car, sa force réside aussi bien dans sa jeunesse que dans son ingéniosité et sa compréhension des défis technologiques contemporaines. La mutualisation des actions par la jeunesse africaine et sa mise au cœur des projets de développement durable sont nécessaires à l’effectivité de ces méga-infrastructures.
